Surpoids et obésité: des bactéries pour maigrir? Les avancées sur notre microbiote.

Surpoids et obésité sont un fléau mondial.

Le nombre de personnes en surpoids a augmenté de 145 % en 30 ans pour toucher plus de 2 milliards de personnes dans le monde. C’est à peu de choses près, 1/4 de la population mondiale :un véritable enjeu de santé publique …

Or les recherches sur les liens entre notre microbiote et ces désordres métaboliques commencent à livrer des renseignements précieux pour les soigner.

Depuis les études observant que lors de la transplantation fécale d’un microbiote « obèse » chez des souris minces, celles ci grossissaient rapidement avec le même apport calorique , il est admis qu’une dysbiose ( déséquilibre du microbiote) est à corréler avec le surpoids.

Il semble assez certain aujourd’hui qu’un déséquilibre entre 2 phylla , les BACTEROIDETES et les FIRMICUTES soit systématiquement observé dans le microbiote des individus obèses : 20 % de FIRMICUTES en +, 90% de BACTEROIDETES en moins. Or dans le phylla des Firmicutes se trouvent des bactéries championnes de l’extraction calorique! En clair, certaines de nos bactéries sont programmées pour nous faire grossir avec peu… C’est le syndrome du « gâteau dans la vitrine » qui nous fait grossir . Cependant une étude de 2016 réinterroge cela ( Sze MA, Schloss PD. Looking for a signal in the noise: revisiting obesity and the microbiome.MBio2016;7:e01018–16.)

Nos bactéries influent sur le métabolisme énergétique, le stockage et l’extraction de calories, la régulation de l’absorption des sucres et des lipides et le dépôt de graisse dans les tissus périphériques.

Il y a quelques années en 2005 , le Pr. P. Patrice CANI a observé qu’une bactérie répondant au doux nom de AKKERMANSIA MUCINIPHILA ( à vos souhaits!) était moins abondante dans les profils microbiens des personnes obèses.

De même, la bactérie Helicobacter Pylori dont la prolifération est mise en cause dans certains ulcères gastriques est absente chez les sujets en surpoids, or elle participe au contrôle de l’appétit en modifiant les concentrations de ghréline .

La qualité et la diversité de notre forêt microbienne intestinale est donc à mettre en lien direct avec le surpoids. L’interrogation porte plus sur le « quand? »: la dsybiose est elle une cause ou une conséquence de l’obésité?

Ce qui coule de source c’est qu’un microbiote équilibré demande une alimentation équilibrée ( CQFD!) , mesurée, dans le sens de « frugalité » et digeste . Un réglage alimentaire sera nécessaire pour le soutenir.

Bien nourrir son microbiote c’est bien se nourrir, avec une large place faite aux fibres qui assurent la cantine de nos bonnes bactéries afin qu’elles produisent des acides gras à chaine courte indispensables à un bon métabolisme énergétique . La majorité des personnes ne consomme pas assez de fibres qui sont aussi impliquées dans la régulation de l’appétit, la charge glycémique et la cholestérol.

Bien nourrir son microbiote c’est aussi respecter nos capacités enzymatiques de digestion, donc manger moins et moins souvent pour la plupart d’entre nous. Tout ce que nous ne digérons pas produit des toxines susceptibles de modifier notre microbiote.

De nombreuses études sur les souris mettent en avant le pouvoir protecteur ou régulateur de bactéries dans le surpoids. Pour ce qui est de l’utilisation chez l’homme, voici celles à retenir:

  • LACTOBACILLUS GASSERI ( SBT 2055) baisse de la graisse viscérale et poids
  • BIFIDOBACTERIES ANIMALIS ( 420) : baisse de la masse grasse
  • BIFIDOBACTERIUM PSEUDOCATENULATUM CECT 7765 : augmentation du taux HDL et baisse des marqueurs inflammatoires.

Si vous êtes en appétit sur ce sujet : Microbiome intestinal et obésité Comment prouver la causalité . A lire en anglais ou si vous voulez ma traduction en français : me contacter par mail isabelle.leclercq@nature-o-sante.com , je vous l’enverrai avec plaisir!

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